dimanche, 11 mai 2008
Blogème LV
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samedi, 10 mai 2008
Blogème LIV
Rien n'existe moins que l'avenir. Croyez-vous que le cochon se vautrerait avec le même contentement dans la matière dure de sa bauge s'il savait ce qui l'attend ?
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vendredi, 09 mai 2008
Blogème LIII
La connaissance véritable se passe de conseils, d'exhortations; elle ne s'étonne que de la rosée qui entoure la noix du monde. Pas de cris d'impatience; pas de preuves indubitables non plus. Son mystère traverse tous les souvenirs.
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mercredi, 07 mai 2008
Blogème LII
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mardi, 06 mai 2008
Blogème LI
Impossible d'aller d'une traite à l'originalité, tant celle-ci blesse l'animal repu en nous. Après tout, on ne se dévore que très rarement soi-même, et encore jamais sans se départir d'une certaine tenue.
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lundi, 05 mai 2008
Blogème L
Dans quelque circonstance que ce soit, n'abdique jamais ton rire ni ta folie, car tu seras toujours en sécurité au milieu de cet escalier à double vis, même si ses degrés conduisent en apparence vers nulle part. Veille seulement à ce que les ombres oiseuses qui gravitent autour de toi puissent elles aussi rire et s'épancher de bon coeur.
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dimanche, 04 mai 2008
Blogème XLIX
Devant le bras étendu du rêveur, nulle branche ne s'effeuille sans la promesse d'une nouvelle sève.
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Blogème XLVIII
Je parle d’ici parce que je sais que je ne puis plus rien pour toi. Là où tu respires rougeoie une plaie vibrante parmi les souches et les troncs entassés sur l’antique montagne de pierres… un arbre d’argile qui se consume lentement sur ses os. Parfois je me demande s'il existe une autre issue à l'asphyxie que la mort.
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samedi, 03 mai 2008
Blogème XLVII
00:05 Publié dans Blogèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, poème, écriture
vendredi, 02 mai 2008
Blogème XLVI
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jeudi, 01 mai 2008
Comme un manifeste...
Tu écriras sans te ménager ni ménager la langue qui t’a vu naître et dans laquelle tu as bâti ton berceau.
Tu écriras pour t’enfoncer dans cette zone franche où l’ombre se mêle à tout jamais à la fumée tournoyante des lampes.
Tu écriras pour la liberté, laissant de côté l’arrière-pensée de ramener qui que ce soit à la raison.
Tu écriras pour ceux que tu aimes – tes parents, ta femme, tes enfants surtout –, pour leur transmettre quelques bribes de l’inconstante mémoire qui te soutient encore.
Tu écriras pour détourner de leurs têtes innocentes les roulements de ta rage inguérissable.
Tu écriras avec mesure, laissant s’envoler en pleine sagesse les mots hors de ta portée.
Tu écriras pour le chardonneret à l’étroit dans sa cage d’osier tendre.
Fais-toi un devoir de ne pas écarter le mal de ta plume, car c’est là qu’il s'avère le mieux éprouvé, le plus éblouissant.
Tu écriras pour les éclats de rire et les déboires. Pour manifester ton désaccord fondamental. Pour la promenade dominicale et tous les culs-de-sac de la vie.
Tu écriras pour brouiller le chemin.
Tu n’écriras pas ce qui ne manifeste nulle nécessité de s’écrire. Il résulte de ceci que bien souvent tu en seras réduit à écrire profusément rien que pour ne pas écrire.
Tu ne singeras pas la décadence de l'époque, l'effort obstiné pour remplir le vide par le vide, cette errance de la parole dans les gigantesques toiles d'araignées dont s'entoure aujourd'hui toute forme d'expression soi-disant sérieuse.
Tu écriras non pour percer à jour tes semblables, ou pour en remontrer aux dieux, mais seulement dans l’espérance folle de connaître l’être dans chaque objet et le temps dans la matière de son évanouissement, ce qui à la fois recule et te pousse en avant vers l'inconnu de toi-même.
Tu écriras des heures durant, jusqu’à total épuisement si nécessaire, et ce chant indigent consumera l’oxygène qui te reste.
Tu écriras occasionnellement pour l’honneur, car ton nom est la dernière chose qu'il y a de noble sinon d’humain ici-bas, même si en cette affaire toute espèce d’honneur apparaît d’emblée et à tout jamais hors de propos.
Qu’est-ce que la poésie, sinon l'éclair unique d’une parole à contre-courant de l’épouvantable proximité des hommes entre eux, cette abjection dont résultent les multiples patois et bavardages de Babel ?
Sache que tu écriras pour échouer de toute façon.
Que ce soit là ta plus grande joie et ta seule fierté.
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mercredi, 30 avril 2008
Blogème XLV
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mardi, 29 avril 2008
Blogème XLIV
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Blogème XLIII
La facilité qu’on a de danser sur le parquet de ses erreurs !
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lundi, 28 avril 2008
Blogème XLII
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dimanche, 27 avril 2008
Jeux avec la vouivre
Lorsque je passe près d’un cours d’eau, quelle qu’en soit l’importance sur la carte ou dans les mémoires, je ne puis m’empêcher de m’arrêter. Mon idéal se contente d’un de ces filets d’azur qui font des serpentements sans fins dans une plaine dégagée, car je sais qu’ils finissent toujours par embrasser, au bout de la lige d’horizon, entre le ciel et l’herbe opulente, l’infini. Question de temps et de patience, sans doute. Un glougloutement moussu frange les bords d’une fine et tendre dentelle. Il pleut bas sur la sauge, le pissenlit, la sarriette. Mais la pluie elle-même efface peu à peu ce sensible tableau, sculptant par tourbillons un paysage vertical où l’eau se mêle à la bourrasque et la bourrasque au temps. De sorte que l’attente elle-même y prend un tour merveilleux où dominent les feux de l'imagination. On y rencontre quelquefois des créatures extravagantes et – le plus souvent – bénéfiques, lorsqu’elles n‘exhalent pas la tristesse ou la volupté. Depuis qu’il y a des hommes qui rêvent et savent rêver, elles se tiennent pour eux aux confins des mondes déferlants, et attendent... Qu’attendent-elles au fait ? On n’en sait…rien, ou presque – heureusement.
Elles sommeillent sur des trésors, vivent enfouies dans les marais ou dans la proximité de sources qui leur permettent, par des voies secrètes, de rejoindre le centre de la terre avec les prières et les sortilèges. Aveugles, elles s’orientent grâce à une escarboucle dont elles dépendent entièrement. Tantôt femme, tantôt oiseau-serpent, elles volent en faisant gicler autour d’elles un éventail de gouttes lumineuses qu’on prend quelquefois pour l’arc-en-ciel, un croissant de lune ou encore un cercle d’étoiles, tant cela change et change à n'en plus finir ; on les voit qui s’élèvent d’un battement d’ailes vif et cependant mesuré au-dessus des collines, des hameaux. Ma vouivre à moi (puisque tel est le nom que je lui donne) se manifeste quand souffle le vent du nord et que flotte la bruine au-dessus des pâturages. Je la remarque de loin – un petit sifflement m’avertit de sa présence, vu qu’elle me fait la politesse de s’annoncer dans le ciel ; peu à peu ce sifflement inaugural se transforme en modulations, en nappes sonores qui enveloppent tout, êtres animés et minéraux, d’un halo paisible. Avec ce chant d’une douceur infinie, elle est pour ainsi dire l’incarnation de l'esprit de la musique. La poursuivre, vite. Mais non, elle est loin déjà. On cherche à l’apercevoir entre les arbres, et voilà que, pour des raisons bizarres, elle apparaît soudain à un demi-jet de pierre, si près qu’il suffirait presque d’étendre la main pour la toucher.
Elle perpétue quelques instants les éclairs et la pluie dans la pénombre des tilleuls avant de m’inviter à m’asseoir à ses pieds. Je sens qu’elle appréhende – oh! sans s’appesantir trop, car les soucis la font changer de couleur, et c’est à chaque fois une petite catastrophe – nos réunions, qu’elle doit juger, ma foi, bien étranges, bien étranges. Ces moments sont surtout des moments de connaissance où s'ouvre tout à coup une brèche, où mon existence en vase clos s'emplit d'une eau plus lumineuse, d'un aflux d'espérance. Elle vient toujours à point pour me guérir de quelque tourment, le plus souvent après la visite de l'une ou l'autre de mes anciennes maîtresses repoussée avec ennui et tristesse. Au regard de ces dernières, extraordinaire est son calme, sa pondération. Pourtant, je ne la suppose pas dénuée d’humour ni d’une certaine perfidie, perfidie d'ailleurs nécessaire lorsque les humains s'en prennent à son escarboucle et que l’herbe folle ne lui offre plus d'abri suffisant à leurs méchantes entreprises. On ne verra jamais un poète s'adonner à de telles vilénies! Cela, elle l'a bien compris et elle m'en sait gré. Que dire de plus? Qu'elle distrait de la mélancolie et des chagrins ordinaires de l'existence, ça, chacun l'aura deviné. Que sa compagnie ouvre magiquement le troisième œil, c'est ce que l'on ose à peine murmurer, et encore en regardant avec effroi autour de soi. Aussi loin que portent mes souvenirs, elle a toujours veillé sur ma destinée. Il faut croire qu’elle accomplit cela avec beaucoup d’efficacité.
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samedi, 26 avril 2008
Blogème XLI
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vendredi, 25 avril 2008
Blogème XL
00:38 Publié dans Blogèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, poème, écriture
jeudi, 24 avril 2008
L’ardoise des jours
Il faut la pauvreté pour sonder l’instant sans réserve
Et l’aride splendeur d’un cœur trop meurtri – mais
Que peut l’enfouissement, ce désert, le silence
S'il ne s'y glisse pas un soupçon d'air, un fil d'éternité ?
(1994)
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Blogème XXXIX
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