Ferenc Rákóczy

De père hongrois et de mère jurassienne, Ferenc Rákóczy est né à Bâle. Après avoir longtemps transmigré aux quatre coins de la Suisse romande, il vit et travaille actuellement en tant que psychiatre à Lausanne où il participe de loin à la vie culturelle locale, que ce soit par des lectures publiques ou encore des interventions artistiques qui se perdent en général dans un épais silence. Son intérêt va aux marges, aux exclus, aux laissés-pour-compte des grands reflux de l'histoire littéraire, ou encore à des formes de fiction réputées mineures, comme la nouvelle et le polar.

Procrastinateur et plutôt paresseux de nature, il s'est contenté à ce jour de disséminer poèmes, nouvelles et critiques littéraires dans des revues le plus souvent confidentielles et éphémères, malgré le soutien et les remontrances de nombreux et bienveillants amis. Ses trois livres poétiques sont tous publiés à l'Âge d'Homme, un éditeur particulièrement courageux et ouvert à de nouvelles voies comme à de salutaires détours.

Éoliennes, son dernier ouvrage, sorte d'autobiographie lyrique et écologique d'un voyageur effaré par la pesanteur du monde, contient également une suite sur la catastrophe de Tchernobyl, ainsi que le journal poétique d'une équipée sur les lieux de l'holocauste nucléaire. Par-delà un constant souci pour l'état de la planète, cet ensemble de proses et de vers se donne surtout à lire comme le cheminement d'une réflexion sur la vie et le travail de la mémoire après la perte du sens qui agit partout, que ce soit dans la langue, sur un plan sociétal, voire ontologique.

Devenu père pour la seconde fois, l'auteur a décidé de rythmer et d'animer ce blog au fil de ses nuits blanches afin de se prémunir d'une chute prévisible dans la corolle grande ouverte d'une mélancolie jamais complètement éteinte. Ses "blogèmes" sont donc des sortes d'ombres fugitives de la pensée et, à ce titre, de circonspectes contributions à la créativité illimitée de la Toile, dont la rumeur glisse d'ores et déjà dans les sources profondes de l'aube avant de se mettre à danser parmi les lampes fumantes et les mouches qui, comme chacun sait, possèdent elles aussi leur ombre.