Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

samedi, 21 juin 2008

Mademoiselle

L’avant-bras entaillé, on l’a emmenée dans la salle blanche
La fille qui voulait chatouiller la plante des pieds des anges
Et pourtant, si ténue, elle respire, cendrillon crépusculaire
Un sanglot soulève à peine sa poitrine, les yeux aux aguets
Éperdue, elle espère, on ne sait quoi, ni de qui ; une artère
Bat à son cou ; un homme à son chevet, prématurément vieilli
Fixe son attention sur le joyau exsangue de son cœur
Et chantonne cet air inintelligible dans le vague.

(1995)

jeudi, 19 juin 2008

Lendemains de noce

Ce dimanche matin, le fleuve est sorti de son lit de fonte
Engloutissant l’étendue comme un qui prend la clef des champs
Pendant que nous faisions un sort à un vieux riesling, jaugeant
Les chances des mariés avant que leur maison ne s’effondre :
À deux pas du village, le Rhin plastronne comme un second ciel
Il pille les vergers, se glisse en orvet dans les parages méconnaissables
Au cimetière où il s’acharne bientôt à déchausser les stèles
Puis le socle moussu de notre croix centrale – c’en est trop !
Et le vieux curé sacre en tirant sur sa pipe d’écume.

(1997)                                     

mercredi, 18 juin 2008

Blogème LXVIII

L’art n’est après tout que du non-art amené vers la matière. Cela se fait sans prodiges ni fracas, au coeur de l'ombre et du bruit de plus en plus sourd d'un corps enseveli par le temps.

mardi, 17 juin 2008

Blogème LXVII

N’abandonne jamais une route sans issue dans laquelle tu semblais fourvoyé. C’est là que l’écho de ta voix résonne le plus court, le plus juste.