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vendredi, 18 avril 2008

Blogème XXXII

La lucidité absolue est le signe qui distingue du commun des mortels les parturientes et certains princes agonisants dont tout le monde tombe d’accord pour dire qu’ils ont été les pires despotes.

D’une esplanade printanière

Je sais qu’il pleut dehors et je vois que pépite
Sur la vitre un torrent si furieux qu’il désole
Un couple de bouvreuils apeurés qui débitent
Un rameau que le vent fait trembler et affole.

L’éclair s’est abattu sur un arbre si blanc
Qu’on croirait voir la neige osciller vers la vie…
Pourtant, il s’est enfui, cet hiver ; mais qu’un van
De ciel gis nous disperse en nuée - c’est la pluie !

Le dôme devenu vide et pur s’éclaircit,
La pâture verdit, explosant dans la joie.
Mais où sont nos chanteurs ? Une abeille a repris

Son labeur de commis, sans crainte d’être proie
À plus grand prédateur ; des fourmis acheminent
Le couple foudroyé ; ton verger s’illumine.

(1984)

Blogème XXXI

Ténèbres du verbe – lumière sauvage de la vie. Mais d'où alors vient cette force de recueillement que tu sens dans certains poèmes, mais seulement là, secrètement, comme une profonde mélodie, une basse continue, un ostinato qui avance les yeux grands ouverts entre la douleur du monde et la chute légère d'un chant ?