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dimanche, 13 avril 2008

Les bulles vivantes

Herbe-à-chat sur les balcons
Oseille au sabot des frondaisons
Le temps d’un vol de gravelot
Point déjà un soleil de bière.
Le chat safran scrute à travers persiennes
Les confins d’un muret de pierre.
Sous le banc des noces ronfle
L’époux foudroyé par le pinot.

(1989)

Poème retrouvé

Je me suis dépouillé sans détours
Pour entendre la richesse de ta voix
Mais tu ne dis mot – prise de court
Le dieu t’emporte, murmure, à travers bois.

(1989)

Blogème XXVI

C’est quand tu as fini de ronger ton os que la mort rencontre le plus sûrement la cavité de ton amour.

samedi, 12 avril 2008

Blogème XXV

Cela fait tant d’années que tu cours à travers le monde pour trouver une fontaine à ton oubli ! Mais d’abord, qu’est-ce que l’oubli, de quoi est-il donc fait ? Ni ombre ni fantôme, mais plus simplement source de l’invisible mémoire… image du soleil matinal dans une goutte de rosée… eau qui se régénère, ancienne et neuve, calme et vive, sous l’herbe où elle voyage sans bruit…

vendredi, 11 avril 2008

Blogème XXIV

Certains silences résonnent ainsi qu’un galet blanc en nous ; d’autres roulent comme des pierres aveugles à travers les strates de l’être, détruisant avec fracas toute chose sur leur passage. Ces deux silences, tu les distingueras à leur effet, tu apprendras peu à peu à les accueillir – pour les aimer – puis comment t’en affranchir.

jeudi, 10 avril 2008

Blogème XXIII

Il est des maisons où la richesse se donne à voir ; d'autres où elle tremble et reste cachée derrière les armoires. Mais partout la même vacuité habite les coeurs.

mercredi, 09 avril 2008

Blogème XXII

Qu’est-ce qui est le plus important à tes yeux ? Essaie de le définir très précisément et tâche de vivre une saison entière comme si cela n’avait jamais existé.

mardi, 08 avril 2008

Blogème XXI

Ce qu’on reçoit d’une œuvre d’art il aura d’abord fallu le lui abandonner. Accepte d’être le maraudeur et le butin, la noix et la douleur du noyer gaulé.

lundi, 07 avril 2008

Blogème XX

Plus tu luttes pour te trouver, plus cela s’éloigne, roule dans les failles de ton opacité fondamentale. Il n’y a qu’à travers tes défauts et tes effacements que tu peux acquérir un peu d’assurance. Dès lors ta vocation d’artiste prend tout son sens.