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dimanche, 20 avril 2008

Blogème XXXV

Bois sec, bois vert… se permettre d’élaguer, le plus bel éloge à ce qui s’écrit, parce que pour une fois la modestie n’y a nulle part...

Salon de coiffure

Tous les mois, nous allions chez le coiffeur qui vivait au château.
Il me juchait très haut, faisait la moue et se reculait
Avant de commencer à s’affairer avec ses ciseaux
Autour de mes oreilles aussi sensibles que des sonars. Mes peines
D’enfant s’envolaient à mesure que je devenais plus léger.
Un film en noir et blanc passait dans ma tête pendant qu’il cisaillait
Les mèches qui dépassaient au sommet de mon crâne.
Parfois un jeune homme apparaissait sur cet écran laissé vide
Puis s’estompait ainsi qu’une boussole incertaine
Disparaissant de l’ordre interprétable du monde sensible.
Peu à peu je sombrais dans le miroir où des poissons
Aux contours flous remuaient plus étrangement que des étoiles
Et, lorsque je parvenais à en sortir, je n’étais plus le même.

(1999)

Blogème XXXIV

Tu chemines et, cheminant, te vides lentement dans ton ombre qui se remplit de l’étrange mélasse de ton imagination.